Itinéraire d’un luthier bien né

La trentaine à peine, Luca Laulhere a la chance d’avoir trouvé sa voie sans trop bifurquer. Né dans une famille de luthiers, il a fait ses premières armes, dont la fabrication d’un violon, dans l’atelier parental de Gennevilliers

Après le bac pourtant, ses parents lui avaient déconseillé le métier. “La concurrence se fait sentir et il faut vraiment être doué pour réussir,” disaient-ils. Luca s’est donc inscrit en fac de psy, par intérêt pour la matière plus que par vocation. Il continuait à fréquenter l’atelier de lutherie, tout en continuant à jouer du violon au conservatoire. “J’écoute beaucoup de musique classique, baroque, ainsi que des chants polyphoniques. C’est important d’avoir une oreille afin de pouvoir équilibrer l’instrument, commente Luca.”

Ravi du premier violon qu’il avait fabriqué pour s’exercer, il a manifesté son aspiration à devenir luthier, et a été entendu. Direction Milan pour un apprentissage en trois ans, donc. Milan, dans une école où enseigne un excellent professeur. Il a enchaîné sur deux ans de compagnonnage, suivis d’une première expérience professionnelle chez ses parents, puis une seconde dans les Cévennes, avant de décider de s’installer.

Une transition en confiance

“Ayant travaillé avec mes parents, je bénéficiais d’une plateforme pour vendre, poursuit Luca. Sur le plan pratique, outre le fait d’avoir baigné dans l’ambiance depuis petit, j’ai également pu récupérer un établi, des instruments et des outils.” C’est Jean Seyral, ancien luthier bayonnais aujourd’hui installé dans les Landes qui lui avait donné l’indication : depuis son départ, il manquait un luthier à Bayonne. Luca a cherché et trouvé un local rue Bourgneuf, parfaitement adapté. “Ce qui me plaît en matière de restauration, conclue-t-il, c’est de redonner vie à des instruments qui ne fonctionnaient plus. En terme de création, c’est de maîtriser les facteurs qui donnent le son qui me plaît.”
Cela fait maintenant une année que Luca a investi son atelier du Petit-Bayonne. Un début d’expérience plutôt mélodieux.

 

Crédit photo @Camille Shabestari



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